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Refuges · Rapport · Analyse

Palestine : à Gaza, l'enfance comme champ de bataille

Le 18 juin 2026, la Commission d'enquête de l'ONU sur le Territoire palestinien occupé a remis un document de quatre-vingt-quatorze pages entièrement consacré aux enfants. Sa thèse n'est pas que des enfants sont morts dans une guerre. C'est qu'ils ont été visés parce qu'ils étaient l'avenir d'un groupe.

Par Vivien Latour, Rédacteur en chef Publié le 25 juin 2026 13 min 1 rapport cité WhatsAppFacebookLinkedInBlueskyInstagramE-mailCopierImprimer

Le 29 novembre 2025, deux frères de dix et neuf ans ramassent du bois près de Bani Suheila, à l'est de Khan Younis. Ils le font pour leur père, cloué dans un fauteuil roulant. Un drone les repère. Selon l'armée israélienne, des soldats ont vu deux « suspects » franchir la « ligne jaune », s'approcher de leurs positions, agir de façon suspecte ; un drone a donc éliminé la « menace immédiate ». Les deux enfants se trouvaient à plus de trois cents mètres des fusils israéliens.

Le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas était entré en vigueur cinquante jours plus tôt. Sur le papier, les hostilités avaient cessé.

La Commission d'enquête de l'ONU range cet épisode parmi les cas qu'elle a « investigués et documentés » — l'expression revient comme un refrain dans son texte, marqueur d'un travail qui se veut judiciaire avant d'être politique. Elle conclut que les garçons ne pouvaient constituer aucune menace depuis cette distance, que les soldats n'auraient jamais dû les classer comme « suspects », et qu'ils ont échoué à évaluer leur âge, leurs intentions, leurs capacités. Une enquête israélienne ? La Commission n'en connaît aucune. Comme pour les autres.

Tout le rapport tient dans cette scène : un geste d'enfance, une arme qui voit, un mot — « suspect » — qui transforme la victime en cible légitime, et l'impunité qui referme le dossier.

Au moins 20 179 enfants tués

Les chiffres, dans ce document, ne tombent jamais en bloc. Ils sont attribués, datés, parfois contredits d'une source à l'autre, et la Commission prend soin de signaler qu'ils sont sous-estimés.

Entre le 7 octobre 2023 et le 7 octobre 2025, au moins 20 179 enfants tués et 44 143 blessés dans la bande de Gaza, selon les données qu'elle retient — soit 30 % des morts et 26 % des blessés de la période. Parmi eux, 5 031 enfants de moins de cinq ans, dont 1 029 de moins d'un an et quelque 420 nouveau-nés. Save the Children estime que 5 160 autres gisent sous les décombres. D'autres encore, écrit la Commission, reposent dans des tombes anonymes sans que leur mort ait été enregistrée, ou ont simplement disparu.

La proportion d'enfants tués a augmenté. Dans les escalades de 2008-2009 et de 2014, ils représentaient environ 24 % des morts liées au conflit. Cette fois, davantage. La Commission y voit la conséquence directe d'une chose précise : l'usage d'armes explosives à large rayon d'action dans des zones résidentielles densément peuplées, couplé à un élargissement des critères de ciblage. Le 25 décembre 2023, l'armée israélienne expliquait elle-même viser désormais le « maximum de dégâts » aux capacités du Hamas, là où elle se voulait auparavant plus « sélective ». La Commission lit dans ce glissement une autorisation de fait de frapper largement les lieux civils.

Un détail physiologique, glissé dans le texte, donne le vertige : un enfant a sept fois plus de risques qu'un adulte de mourir sous l'effet d'une arme explosive. Surface corporelle proportionnellement plus grande, os souples, membres courts, peau plus fine. Plus léger, il est aussi projeté plus loin par le souffle. Le rapport ne s'attarde pas. Il enchaîne. C'est sa manière : la sobriété frappe plus fort que le commentaire.

Snipers et quadricoptères

Ce qui distingue ce document des précédents, c'est l'attention portée aux armes — non comme catalogue militaire, mais comme preuve d'intention.

La Commission a interrogé dix-sept praticiens déployés dans les hôpitaux de Gaza. Tous décrivent le même motif : des enfants arrivant avec une seule plaie par balle, à la tête ou au torse, sans éclats d'obus. Or, écrit-elle, tuer un enfant d'une balle unique « indique un haut degré de précision dans l'usage de la force, suggérant un tir soigneusement visé plutôt qu'incident ou résultat d'un feu indiscriminé ». Un médecin, plus direct, dit avoir vu chez les garçons des blessures groupées par partie du corps — une zone différente selon les jours, comme un entraînement au tir.

Le rapport décrit deux outils. Le fusil de précision DAN .338, fabriqué par l'industrie d'armement israélienne, portée utile supérieure à 1 200 mètres. Et surtout le quadricoptère, ce drone à quatre rotors que des responsables de l'armée israélienne, sur une chaîne de télévision en juillet 2025, présentaient comme « une nouvelle génération d'armes létales », dotée d'un système de tir d'une précision « qu'aucun sniper humain ne peut atteindre ». Un appareil qui « n'hésite pas, ne s'arrête pas, et ne se trompe presque jamais ». Le responsable interrogé comparait l'expérience à « regarder un jeu vidéo ».

C'est là que la démonstration de la Commission devient redoutable. Le quadricoptère vole bas, équipé de caméras haute résolution et de vision nocturne. Son opérateur voit ce qu'il vise. Quand un nourrisson de dix jours est touché à la tête en plein jour, dans une tente de Nuseirat, pendant qu'il tète — la balle ressort par l'arrière du crâne et se loge dans l'oreiller —, la Commission conclut que le tireur voyait une mère et son bébé. L'arme, ici, ne disculpe pas le doute. Elle l'abolit.

« Chaque enfant né à Gaza est un terroriste » : du discours au tir

Si l'on cherche dans ce rapport ce qui relie les corps aux intentions, c'est un mot, répété par des responsables nommés.

Le 30 janvier 2025, Nissim Vaturi, vice-président de la Knesset, déclare que « Gaza est pleine de terroristes et chaque enfant qui y naît est déjà un terroriste, dès l'instant de sa naissance ». En juillet 2024, le député Amit Halevi affirme que trois cents bébés du service maternité de l'hôpital Al-Shifa sont « tous nés terroristes ». En mai 2025, Moshe Feiglin, ancien élu du Likoud, sur une chaîne israélienne : « Chaque enfant, chaque bébé à Gaza est un ennemi… Il n'y a pas d'autre victoire. »

La Commission ne se contente pas de collecter ces phrases. Elle documente leur effet de ruissellement. Des soldats interrogés par la presse israélienne — Haaretz, Siha Mekomit, un documentaire d'ITVX — confirment avoir tiré sur des Palestiniens non armés, enfants compris, « sans aucune retenue ». L'un raconte qu'à Gaza, les décisions ne sont pas dictées par les règles d'ouverture du feu mais par l'appréciation du commandant sur le terrain. Un autre : « le premier tir va directement à la tête ». Plusieurs disent ne pas se soucier du droit international, persuadés qu'ils seront protégés de toute poursuite.

C'est la polyphonie qui fait la force de ces pages : les voix officielles, les voix des exécutants, et entre les deux, les enquêtes annoncées qui n'aboutissent jamais. La Commission parle d'« une culture militaire permissive » où les soldats sont encouragés à viser directement les enfants, avec ou sans ordre explicite de leurs supérieurs.

La qualification de génocide

Là où le document quitte le registre du décompte pour celui de l'accusation la plus grave, c'est lorsqu'il assemble les violences en un dessein.

Le raisonnement progresse par cercles concentriques autour du corps de l'enfant. Le corps tué — par sniper, drone, frappe sur l'immeuble familial. Le corps mutilé — Gaza, écrit la Commission, compte désormais « la plus forte concentration d'enfants amputés au monde » ; un chirurgien rapporte qu'il faut à un enfant amputé huit à douze opérations avant l'âge adulte pour accompagner la croissance des membres, soins indisponibles sur place. Le corps affamé — la Commission rappelle sa conclusion antérieure sur l'usage de la famine comme méthode de guerre, et l'IPC a confirmé en août 2025 une famine dans le gouvernorat de Gaza, première du genre au Moyen-Orient.

Puis le cercle s'élargit jusqu'à l'origine. Le rapport consacre des pages aux nouveau-nés : effondrement des unités néonatales, incubateurs passés de 178 à 54 dans le nord après la destruction de trois services en novembre 2024, nourrissons morts d'hypothermie — au moins quinze entre décembre 2024 et février 2025, selon le ministère de la Santé de Gaza, des morts qualifiées de « évitables ». Et la chute de la natalité : 17 000 naissances vivantes au premier semestre 2025, 41 % de moins qu'en 2022 sur la même période. Une pédiatre confie n'avoir « plus vu de bébés de taille normale » à Gaza.

C'est cette accumulation qui porte le mot le plus lourd du texte. La Commission conclut que le meurtre et les atteintes graves infligés aux enfants palestiniens « faisaient partie d'une stratégie visant à détruire la continuité biologique et l'existence future du groupe palestinien à Gaza ». Et donc qu'ils relèvent du génocide — réitérant une qualification déjà posée dans un rapport antérieur. Son raisonnement est explicite : « Les enfants ne sont pas simplement une partie de la population ; leur survie est centrale à l'existence et à la continuité du groupe palestinien. »

L'enfant n'est plus seulement une victime. Il devient, dans l'argumentaire, la cible parce qu'il est la matrice du peuple.

Le tri des garçons, la torture, la mort

Il y a, dans ce rapport, un autre lieu où l'enfance est défaite : la prison.

La Commission décrit une mécanique d'arrestation qui commence par le tri. À Gaza, lors des rafles de masse, l'armée isole systématiquement les garçons de douze ans et plus, les étiquette comme membres potentiels de groupes armés, les sépare de leurs familles et les traite comme des adultes. Les cartes d'identité prouvent qu'il s'agit d'enfants ; ils sont arrêtés tout de même. La Commission y lit une « présomption de menace inhérente à leur identité masculine palestinienne ».

Puis viennent les conditions. Un garçon de quinze ans détenu à Sde Teiman raconte avoir été le seul enfant parmi soixante-dix adultes dans une cellule, forcé de rester debout les mains levées des heures durant, les chevilles entravées par des chaînes, les poignets menottés assez serrés pour saigner, sans soins. Des soldats entraient avec des chiens et les lâchaient sur les détenus couchés à plat ventre. Vingt-trois jours qu'il décrit comme « les pires jours de [sa] vie ». Un autre, arrêté le 4 décembre 2023, dit avoir été électrocuté par une aiguille plantée dans l'épaule, privé d'eau au point qu'on lui ordonne de boire sa propre urine, maintenu dans des positions douloureuses jusqu'à douze heures d'affilée pendant cinquante-quatre jours.

Le rapport relève au moins une mort. Un garçon de dix-sept ans de Ramallah, détenu depuis fin septembre 2024, mort à la prison de Megiddo le 22 mars 2025. Athlétique et en bonne santé avant son arrestation, selon son père. L'autopsie ne tranche pas la cause exacte mais décrit une malnutrition sévère et prolongée, une fonte musculaire, une colite, la gale aux jambes et au pubis. Des affections, note la Commission, « facilement traitables ». La famille a appris sa mort en lisant un article de presse le lendemain. Le corps, des mois plus tard, n'avait toujours pas été rendu.

Sur l'ensemble de la période, plus de 1 655 enfants détenus en Cisjordanie, dont 600 pour la seule année 2025. Au 31 décembre 2025, plus de la moitié des 351 enfants détenus par le service pénitentiaire israélien l'étaient sous « détention administrative » — emprisonnés sans charge, indéfiniment. La Commission parle d'un nombre record. Et ces chiffres, précise-t-elle, n'incluent pas les enfants tenus dans les centres militaires, hors du système carcéral.

Violences sexuelles, « systématiques »

C'est le volet le plus difficile du document, et la Commission l'aborde sans détour ni complaisance.

Elle constate d'abord une pratique de nudité publique forcée. Des garçons déshabillés en groupe lors des rafles, photographiés en sous-vêtements, les images d'abord diffusées sur des messageries israéliennes puis sur les réseaux. L'analyse des photos indique qu'elles ont, pour la plupart, été prises par des soldats — proximité, légendes, uniformes visibles. Un homme raconte avoir été contraint, lors de l'évacuation de Beit Lahia en décembre 2023, de marcher pieds nus en sous-vêtements avec quelque deux cent cinquante autres, dont une trentaine de garçons. La Commission décrit une scène où des civils — femmes, hommes, filles, garçons — reçoivent l'ordre de se dévêtir sous la menace à un checkpoint, de faire une boule de leurs vêtements et de la jeter aux soldats.

Elle documente ensuite des violences plus graves en détention. Une organisation lui a transmis des informations faisant état de viols, de menaces de viol, d'agressions sexuelles, de violences aux parties génitales contre des garçons détenus — un garçon déclarant avoir été violé à plusieurs reprises par différents gardiens. La Commission précise qu'elle n'a pu vérifier indépendamment cette dernière information au moment de la rédaction ; elle le dit, et c'est cette précision même qui donne du poids au reste.

Le raisonnement de la Commission est ici d'une logique implacable, et il rejoint le fil de l'enfance-cible. L'impact de ces crimes, écrit-elle, est « profondément plus grave lorsque la victime est un enfant, parce que les enfants sont à un stade de la vie où le corps, l'esprit et le sens de soi sont encore en développement ». La violence sexuelle, conclut-elle, n'est pas exceptionnelle mais « systématique » et « rendue possible par l'État » — un instrument d'humiliation et de domination dirigé contre le corps de l'enfant comme on viserait l'avenir d'un peuple.

En Cisjordanie, 213 enfants tués

On oublie souvent la Cisjordanie quand Gaza brûle. La Commission, elle, lui consacre des pages entières, et c'est l'une des forces du document : montrer que le motif se répète là où il n'y a pas de « guerre ».

Entre le 7 octobre 2023 et le 20 octobre 2025, l'armée israélienne a tué 213 enfants palestiniens en Cisjordanie, dont 206 garçons et sept filles — « malgré l'absence d'hostilités générales », souligne le rapport. Ce déséquilibre, la Commission le lit comme une politique : un ciblage des garçons perçus comme « terroristes » ou « futurs terroristes », un « cadrage sécuritaire genré » qui associe l'identité masculine palestinienne, même enfantine, à la menace. Mais les filles ne sont pas épargnées, précise-t-elle aussitôt — elles sont tuées jusque dans les maisons. Une fillette de deux ans abattue d'une balle dans la nuque pendant le dîner à Jénine, le 25 janvier 2025, est la plus jeune enfant tuée en Cisjordanie depuis le 7 octobre. Aucun espace domestique n'offre de refuge.

Le rapport décrit le glissement d'un cadre policier vers un cadre de guerre. Des drones d'attaque désormais employés en Cisjordanie comme à Gaza. Et une doctrine que Haaretz a baptisée d'après les ordres israéliens eux-mêmes : tirer sur quiconque « touche au sol ». Se baisser pour ramasser une pierre, lâcher un objet, suffit à justifier le feu létal. La Commission relie à cette consigne le cas de deux garçons de dix et huit ans tués par un drone devant leur maison à Tammoun le 8 janvier 2025, avec leur cousin de vingt-trois ans — l'armée ayant conclu, à tort, qu'ils avaient posé un engin explosif. Aucune bombe ne fut trouvée.

Une scène, surtout, condense la cruauté froide de ce chapitre. Le 16 novembre 2025, à Al-Faraa, un garçon de quatorze ans est abattu. Il restera au sol, vivant, à saigner pendant au moins quarante-cinq minutes, implorant de l'aide pendant que des soldats se tiennent autour de lui. Sur les vidéos visionnées par la Commission, on le voit jeter une casquette vers eux pour attirer leur attention ; un soldat la lui renvoie d'un coup de pied. Un autre le filme. Un autre dépose une pierre près de lui — pour, conclut la Commission, maquiller l'incident en jet de pierres. L'armée a affirmé avoir identifié un « terroriste » ayant lancé un bloc de béton et lui avoir porté secours. « La vidéo montre clairement le contraire. »

À cela s'ajoute la violence des colons, que le rapport ne traite jamais comme un phénomène marginal mais comme un bras de l'État. Plus de mille attaques au premier semestre 2025, la moyenne mensuelle la plus élevée depuis le début des relevés de l'ONU en 2006. Des enfants enlevés : en avril 2025, deux colons traînent un garçon et une fille de moins de cinq ans, au couteau, vers une oliveraie, et les ligotent à un arbre. En août 2024, deux garçons de quinze ans qui gardaient du bétail sont enlevés, battus, déshabillés ; un colon urine sur l'un d'eux et lui fracture la jambe. La Commission conclut que la violence des colons « ne fonctionne pas comme une déviation de la politique de l'État mais comme un moyen de la mettre en œuvre » — enracinement des colonies, annexion, déplacement des Palestiniens de leurs terres.

Ce que le rapport ne tranche pas — et ce qu'il assume

Israël n'a répondu à aucune des treize demandes d'information ou d'accès. Tout le contradictoire repose donc sur les déclarations israéliennes que la Commission a glanées par ailleurs — communiqués de l'armée, déclarations parlementaires, enquêtes ouvertes puis évaporées. À plusieurs reprises, l'armée a affirmé avoir visé un combattant du Hamas sans l'identifier, ou « examiner » un incident sans qu'aucun résultat ne suive. Dans le cas de Hind Rajab, cette fillette de cinq ans et demi tuée dans une voiture à Tel al-Hawa avec six membres de sa famille et deux secouristes, l'armée a d'abord soutenu que ses troupes n'étaient pas présentes ; la Commission, images satellites à l'appui, juge cette affirmation « fausse » et situe le char le plus proche à environ 275 mètres.

Ce que le rapport assume, en revanche, c'est sa propre charge. Il nomme des unités — la brigade Kfir pour les deux frères de Bani Suheila, la 401e brigade pour Hind Rajab, la brigade Menashe pour une fillette de deux ans abattue d'une balle à l'arrière de la tête pendant le dîner familial à Jénine. Il transmet ses conclusions au procureur de la Cour pénale internationale. Il demande des sanctions, un embargo sur les armes, l'arrestation des responsables visés par des mandats. Ce n'est pas un constat. C'est un réquisitoire qui se sait tel.

Reste la scène du début. Deux enfants, du bois de chauffage, un père en fauteuil, un drone qui voit à trois cents mètres. Reste aussi, quelque part dans ces pages, ce médecin venu en mission qui résume tout d'une phrase, et qui donne au rapport son titre anglais : l'essence de l'enfance a été détruite à Gaza.

La Commission, elle, formule la chose autrement, en creux, dans une ligne qu'on lit deux fois. Elle rappelle qu'un enfant tué d'une balle unique, par un opérateur qui distingue clairement sa cible avant de tirer, ce n'est pas le hasard d'une guerre. C'est un choix. Et que le choix, répété des dizaines de fois, à travers tout un territoire et sur deux ans, cesse d'être un choix pour devenir une politique.

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Vivien Latour

Rédacteur en chef à Les Confins, rubrique Refuges. Pour un contact sécurisé : voir notre boîte de dépôt.

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